Audience du tribunal de commerce de Marseille du lundi 16 juillet 2018

Chers investisseurs, chers adhérents,

Les derniers jours ont été très animés pour le dossier MARANATHA.

En fin de semaine dernière, se tenait une réunion d’information dans les locaux de l’hôtel CALIFORNIA ainsi que les Assemblées Générales du Pôle Hôtels du Roy.
Ce week-end, le comité des actionnaires devait se déterminer sur les offres présentées par les candidats repreneurs.
Lundi enfin, se tenait une audience devant le Tribunal de Commerce de Marseille qui devait initialement se prononcer sur lesdites offres.

Permettez-nous en premier lieu de reprendre quelques informations essentielles du dossier MARANATHA, au vu des nombreuses interrogations ou contre-vérités qui nous ont été adressées ces derniers jours.

La date limite de dépôt des offres « améliorées » était fixée au mercredi 11juillet 2018 à minuit.
A la suite de cela, l’Association de Défense des Investisseurs MARANATHA, « ADEFIMA », membre du Comité d’Investisseurs mis en place par ordonnance de Monsieur le Juge Commissaire en date du 9 mai 2018, a finalisé l’étude de l’ensemble de ces offres.

Des principes d’analyse des offres constants pour l’ADEFIMA:
Outre le strict taux de recovery (pour les investisseurs) envisagé par les candidats dans leurs offres au terme de la reprise, les principes qui ont conduit l’association dans l’analyse et l’expression de son avis sont ceux qui ont présidé à sa constitution et à son suivi du dossier au cours de ces dernières semaines :
– Solidarité entre les investisseurs
– Liquidité immédiate et progressive
– Alignement d’intérêts
– Projet industriel et sérieux opérationnel

Il convient d’expliciter en quelques mots ce que chacun de ces items recouvre pour l’Association que nous représentons :
– L’ADEFIMA entend par solidarité le fait de considérer que le sinistre constitué dans le cadre du Groupe MARANATHA est un sinistre collectif. Le Cash poolingmis en place et la gestion manifestement désordonnée de la trésorerie au sein de ce système a permis la constitution d’un groupe qui, s’il n’est pas homogène, a cependant permis la poursuite de l’activité de nombreuses sociétés pendant de nombreux mois indépendamment de toute rationalité économique et/ou financière.
Il apparaît donc juste à l’ADEFIMA que la solution retenue permette la prise en compte de cette réalité. Et ce, même si celle-ci a bien compris que les flux financiers passés ne permettaient pas de flécher les gagnants et les perdants de ce système désordonné.

– L’ADEFIMA entend par liquidité immédiate le fait de proposer aux épargnants la possibilité de retrouver dès la mise en œuvre des plans envisagés une partie de leur investissement. Nombre des adhérents de l’ADEFIMA ne se sentent actionnaires que par conséquence d’un montage juridique dont ils ne maîtrisaient pas totalement les tenants et aboutissants. A ce titre, le produit initialement proposé impliquant une part de liquidité par remboursement des comptes courants avait été choisi afin d’équilibrer des budgets familiaux aujourd’hui mis à mal par la procédure collective et le blocage des comptes courants.
Il est nécessaire pour de nombreux épargnants de retrouver rapidement une part de liquidité sur leur épargne. Et ce simplement, pour certains, pour pouvoir vivre décemment.

– L’ADEFIMA entend par liquidité progressive le versement régulier de disponibilités de trésorerie aux investisseurs pendant la durée des plans envisagés. Si celle-ci est bien consciente de la durée nécessaire à la reconstitution de valeur perdue dans le schéma vicié du Groupe MARANATHA, elle est tout aussi consciente que la situation financière difficile de nombreux épargnants dont il est fait état ci-avant commande un accompagnement financier, y compris dans cette phase de reconstitution de valeur.
Il est nécessaire pour les épargnants de pouvoir espérer un versement complémentaire en cours de redressement.

– L’ADEFIMA est attachée au schéma de répartition de la valeur créée au cours de la période de redressement et à la réalité d’un alignement d’intérêtseffectif entre repreneur et Investisseurs initiaux. Celui-ci permet en effet de garantir aux investisseurs :
=> Une perte égale pour le repreneur et les investisseurs privés en cas de difficulté dans la réalisation de budgets prévisionnels qui ne présentent aucune garantie à ce jour ;
=> D’éviter une trop grande déperdition de valeur au détriment des investisseurs en cas de budgets prévisionnels volontairement conservateurs visant à cacher une probable rentabilité pour le seul repreneur ;
=> Une volonté pour le repreneur de surperformer au bénéfice de tous.

Il est donc apparu au terme des débats de l’Association que tout système de répartition Pari Passu(partage équitable et selon les mêmes règles de répartition entre investisseurs et repreneurs) devait recevoir une préférence par rapport à des systèmes de répartition impliquant une priorisation dans la répartition notamment des survaleurs par rapport aux valeurs cibles.

– L’ADEFIMA s’est enfin attachée au projet industriel lui-même, cherchant à apprécier autant qu’il est possible la pertinence du projet présenté au regard du candidat et de la réalité de deux pôles très éloignés d’une part, et d’un pôle historique particulièrement disparate, d’autre part.
Il convient à ce stade d’ajouter un ultime principe ayant présidé au choix de l’ADEFIMA et tenant à la nécessaire sécurité de l’offre présentée. L’ADEFIMA n’entend d’aucune manière faire assumer aux investisseurs le moindre risque de plan de cession d’une part ou de perte du Pôle des Hôtels du Roy d’autre part.
L’ADEFIMA ne peut que regretter des taux de Recoveryindigents dans l’ensemble des offres au regard de la réalité d’un groupe qui a été financé par les Investisseurs Privés eux-mêmes.

Le Pôle Hôtels du Roy et la place de CALE STREET:
L’ADEFIMA ne peut que prendre acte de la situation de fait due au montage initial permettant à CALE STREET de capter non seulement la valeur créée, mais aussi une part de l’investissement de ses adhérents. Elle entend rappeler que le montage initial permet à ce fonds d’envisager pour l’avenir être servi sur 7 années à hauteur de 60 millions d’euros d’intérêts et frais outre un remboursement entier du capital prêté. Sur la même période, les épargnants de l’ADEFIMA auront perdu la moitié de leur investissement dont ils se servaient pour améliorer des retraites souvent médiocres ou pour payer les études de leurs enfants.
On peut tout expliquer par le Chiffre ou le Droit. Telle est et reste la réalité vécue très concrètement dans leur quotidien par les Investisseurs du Pôle Hôtels du Roy.
L’inadmissible devient, lui, admissible dans le cadre de cette procédure par contrainte et réalisme juridique et économique.

Le Pôle Historique et des taux de recovery très faibles:
L’ADEFIMA ne peut que constater que ces dernières semaines les taux de recoveryprojetés par les différents candidats sur ces hôtels ont connu de nombreuses variations pour finir à des taux compris entre 50 et 60 %.
Sur ledit pôle, un tel sort réservé aux investisseurs s’explique plus difficilement dès lors que :
– l’ADEFIMA n’identifie aucun montage expropriateur du type de celui mis en place sur le Pôle Hôtels du Roy ;
– le passif des différents hôtels ne nécessite nullement un investissement initial important pour le repreneur.

Cette constatation a conduit l’ADEFIMA à privilégier dans de fortes proportions les offres permettant un réel alignement d’intérêts entre Investisseurs privés et Repreneur afin d’espérer un meilleur retour en sortie au terme du délai de 5 années nécessaire à ce stade.
***

Renvoi du dossier au 17 septembre 2018
S’est tenue lundi 16 juillet au matin devant le Tribunal de Commerce de Marseille l’audience au cours de laquelle les juges en charge du dossier MARANATHA devaient entendre les différents candidats à la reprise de ce Groupe Hôtelier. Cette audience n’a pas pu se tenir, les débats étant renvoyés au 17 septembre prochain.

Le schéma de continuation du Groupe MARANATHA envisagé par les administrateurs judiciaires prévoit une première phase de reprise des actifs de la société faitière MARANATHA SAS et de la société de Gestion Hôtelière. Cette première phase doit permettre de désigner le repreneur de la totalité du Groupe, regroupant 6 hôtels de luxe au sein du Pôle Hotels du Roy et une trentaine d’hôtels de montagne ou de catégorie moyenne au sein du Pôle historique. En suite de la décision du Tribunal sur cette première phase, les 150 sociétés du Groupe seront appelées à se prononcer sur le projet de restructuration lui-même et les mesures prévues par le candidat choisi par le Tribunal pour relancer les hôtels.

Ce plan d’adossement en deux temps vise ainsi à permettre la sauvegarde au moins partielle des droits financiers des 6.000 investisseurs privés qui ont placé leur épargne dans ce Groupe. Ce dernier a en effet souffert de montages financiers qui se sont révélés hasardeux ayant notamment conduit à une surcollecte évaluée à plusieurs dizaines de millions d’euros. Les différentes sociétés d’investisseurs ont été placées en redressement judiciaire à la fin de l’année 2017. Dans le cadre de cette procédure, les épargnants restent sous la double menace d’une dette du Groupe MARANATHA à l’égard du fonds koweitien CALE STREET sur le Pôle Hôtels du Roy et d’une valorisation dégradée de la totalité des actifs du groupe.

La dette CALE STREET est en effet assortie de garanties de remboursement drastiques et ruineuses pour les épargnants. Dans le cadre des offres déposées devant le Tribunal, le sort de cette dette est un préalable incontournable. Les 4 principaux candidats à la reprise avaient trouvé un accord avec CALE STREET. Comme la presse s’en ait fait l’écho, un cinquième candidat, la société ATTESTOR CAPITAL LLP, estimait pour sa part pouvoir se passer d’un accord préalable et attaquait deux jours avant l’audience l’homologation de l’accord intervenu. Ce recours visait à l’évidence à provoquer le renvoi de l’affaire à une date ultérieure et à lui permettre de pouvoir rester dans la course.

Le Tribunal a estimé hier matin, alors que de nombreux épargnants s’étaient déplacés pour une audience qu’ils savaient cruciale pour leur avenir, que ce recours tardif du cinquième candidat repreneur rendait impossible la tenue sereine de son audience. Ce report doit permettre de régler la difficulté procédurale constituée par le recours in extremis d’ATTESTOR CAPITAL. Permettra-t-il par ailleurs aux candidats d’améliorer leurs offres ? Les espérances de reconstitution de l’épargne des petits porteurs actuellement portées par les plans d’adossement sont faibles (50 à 60% non garantis de leur épargne au terme d’un délai de 5 années).

Depuis de nombreux mois, les fonds spécialisés alliés aux plus grands groupes hôteliers travaillaient avec leurs conseils à l’audience de ce jour. Chacun de ces candidats espérait être celui qui retiendrait l’attention du Tribunal, et par la suite des Assemblées Générales d’épargnants.

Il faudra attendre le 17 septembre prochain, date du rappel de cette affaire devant le Tribunal de Commerce de MARSEILLE, pour connaître la suite de cette procédure.
Maître Bertrand de HAUT de SIGY, avocat de l’ADEFIMA (Association de défense des Investisseurs Maranatha) rappelle à la suite de ce renvoi que : « les épargnants ont pu apprécier ces dernières semaines l’intransigeance de CALE STREET. Celui-ci profite en effet de sa situation privilégiée vis-à-vis des investisseurs pour s’assurer le paiement global in finede 60 millions de frais et intérêts et le remboursement de la totalité de son capital. ».

Il poursuit en indiquant que selon lui « lundi matin, les épargnants se sont retrouvés prisonniers d’une stratégie procédurale extrêmement agressive de la part d’ATTESTOR, candidat à la reprise. Une stratégie de rupture ! Ces postures jouent avec la vie des épargnants. Les deux mois supplémentaires dus au renvoi prononcé peuvent se traduire pour la procédure par une perte à venir de 5 à 10 millions d’intérêts supplémentaires. Le plan d’adossement ne sera bientôt tout simplement plus possible. A croire que certains souhaitent la cession des actifs de ce groupe à la barre du Tribunal et une vente à la découpe. Cela signifierait la ruine des épargnants ! L’ADEFIMA ne laissera pas ces stratégies de rupture sans réponse. ».

L’ADEFIMA évalue et étudie désormais plus avant un volet d’action jusque-là mis de côté, par simple pragmatisme, visant à mettre les dirigeants de MARANATHA face à leurs responsabilités. Et reste attentive aux améliorations des offres à venir.

Pardonnez la densité de cette newsletter, mais les faits nécessitaient des explications complètes et précises.

Cordialement,

le Bureau d’ADEFIMA
tel: 04.86.67.05.11
adresse: Central Canebière – association ADEFIMA ,
10 rue de la république, 13001 Marseille
contact@adefima.fr
www.adefima.fr

Laisser un commentaire

Fermer le menu